Où trouver ailleurs, et si facilement que dans les Bandes dessinées, des dialogues en langage parlé, des phrases coupées que le lecteur cherchera à compléter, la langue "schtroumpfs" que l'on essaiera inconsciemment de traduire pendant la lecture ?
La lecture des BD est un va-et-vient continuel entre l'image et la parole: même si la plus forte impression est donnée par l'image, qui captive dès l'abord l'attention, c'est le texte écrit qui précise et met en ordre le déroulement de l'action, notamment avec les indications scéniques.
Les onomatopées: bruitages et symboles spéciaux représentant des mots ou sons prononcés par les personnages mais laissés à la libre interprétation du lecteur, font vivre le texte et simulent la réalité.
Il y a tout un code graphique pour les bulles quelles soient oralisées ou intériorisées, le contour donne le ton, la concision ou la volontaire emphase sont significatifs, les bulles complètent l'image.
Les niveaux de langues différents et particuliers à certains héros ( Popeye, Tournesol, Haddock, Achille Talon, Pipo ) sont des écrits manipulables qui permettent d'aborder cette notion en classe.
La définition de niveau de langue est très délicate car ici se mêlent grammaire et lexique, normes sociales et options personnelles. Pour chacun, son registre d'expression varie selon le thème et les interlocuteurs et pour un même thème les expressions varient selon les interlocuteurs.
Là nous rejoignons le plan stylistique de l'écrit. On admet qu'il existe un niveau médian.
A partir de la langue commune définie pour nous par le français standard, on distingue aux extrêmes les niveaux soutenu et relâché.
Chacun a le sentiment qu'il existe dans sa langue maternelle des mots fréquents et des mots rares, des expressions usuelles et des expressions recherchées.
La langue soutenue cherche un vocabulaire précis et plus rare, joue des nuances et organise sa phrase par référence à des modèles empruntés à un certain classicisme ou la littérature fait sentir ses pressions.
Le niveau dit "familier" serait, le langage parlé par la majorité (par le français moyen), utilisé en famille ou entre amis ou pairs. Parfois, il use de mots nouveaux, d'images pittoresques, ressentis comme "anormalités" sans que la fréquence de ses écarts constitue une déformation rendant inacceptables ou incompréhensibles par la majorité, les messages transmis.
La langue relâchée est une violation à la norme, utilisant souvent des mots jugés inacceptables, indécents, provocateurs, des associations de mots incongrues, il en résulte une marginalisation voulue ou non par celui qui l'utilise. Pourtant tous ces niveaux remplissent des fonctions langagières caractéristiques.
Des mots sont souvent empruntés à la langue commune, mais sont chargés d'un sens univoque par certaines catégories de personnes, ils constituent une langue au-dessus, "une métalangue" (sciences avec expériences, math. avec fonction, linguistiques avec référent, sciences de l'éducation avec objectif, informatique avec puce et l'anglais utilisé comme métalangage...).
Il y a des niveaux régionaux (à Bordeaux, la "débauche" indique l'heure de la fin du travail, ou par rapport à l'habitat (le verlan langage des téci).
Le style est caractérisé par deux notions: écart et norme
La continuité dans le style donne la marque d'un auteur.
Il est nécessaire en classe, pour aider à une meilleure formation lexicale, que l'élève perçoive ces différents niveaux avec leurs fonctions, leurs utilisations.
Des comparaisons, classements, groupements, pourront être menés en classe.
